Rêveries et Langueurs

Rêveries et Langueurs

Histoire d'un soir..

 


La maison est paisible. La douce chaleur de la cheminée m'enveloppe et les
ballets des flammes emportent mon esprit. Le crépitement du bois me ramène
par à coup dans la réalité. Une douce musique New Age me berce sur un fond
de bruit de  vagues
Précieuse détente.
Pas un bruit, même pas un pépiement de merle ne traverse le double vitrage.
 
 
L'engourdissement bienveillant d'une promesse de sommeil réparateur me ferme
les yeux.
 
Je me rêve en chat, ronronnant sur les genoux de sa maîtresse.
 
Le jour se fait rare et les derniers rayons de soleil s'estompent. Je me
trouve plongé dans la pénombre et je ne distingue plus que les flammes.
 
Le feu s'éteint .Le noir devient absolu.
 
Au bout d'un court instant. Etait il si court ou bien le sommeil m'a t il
emporté ?
Je ne sais pas.
Une lueur accroche mon regard. Cela me donne l'impression d'une déchirure
dans la nuit.
J'écarquille les yeux. J'entrevois des ombres floues. J'essaye de me
rapprocher pour mieux apercevoir  l'intérieur de cette déchirure. Je suis
intrigué.
J'aperçois une espèce de chemin en terre. C'est la blancheur de la terre qui
a attiré mon regard.
Je scrute avec attention et le décor devient plus net. Oui, c'est une
allée bordée par des cyprès qui, tels des bougies, s'élancent dans le ciel.
Etrangement il fait jour sur le chemin.
Au loin une silhouette en ombre chinoise bouge.
Elle me fait des signes. J'essaye de m'approcher mais j'ai l'impression de
marcher dans du coton. C'est dur et souple à la fois. Je suis vite en sueur
et cela me demande beaucoup d'effort pour avancer. Trop curieux, attiré
par cette étrangeté, je progresse avec appréhension.
L'odeur des cyprès assaille mes narines. Mais quelque chose d'anormal se
faufile dans cet effluve. Derrière la fragrance  de fumée de bois un
parfum inhabituel de camphre m'envahit. Bizarre !
 
J'avance toujours. La silhouette ne semble pas se rapprocher. Les cyprès
deviennent plus clairs et mon regard accroche des reflets au travers.
Des pierres tombales. Des tremblements parcourent mon corps. Que cela
veut il dire ?
La sueur due à mes efforts pour avancer me glace le dos.
Je trébuche et  tombe lourdement sur une pierre anguleuse. Ma tête heurte
un angle et mon sang coule un peu. Une tache apparaît sur la pierre. Je
regarde attentivement : la tache dessine un symbole. Le cartouche d'un roi
.
 
Je relève la tête et la silhouette est près de moi.  Un visage grave me
regarde.
Une femme, Mert-Seger  en personne, me fait signe d'approcher.
 
Serais-je dans l'entre monde pour avoir transgresser un interdit ?
Ou pire, serait-ce mon heure ?! Non, pas si tôt, je ne suis pas prêt
j'attends encore trop de la vie ! Je ne peux croire à mon infortune. Déjà,
je sens une sourde rébellion poindre en moi.
Je m'opposerai à la gardienne de ces lieux  et je défendrai mon âme.
 
J'appelle à l'aide Séchât.
« Je suis ton fidèle serviteur, lui dis je. Aide –moi, intercède en ma
faveur. !! »
Séchât me répond : « Je ne peux pas, tu as souillé la tombe d'un roi par
ton sang. Mert-Seger est en colère. Elle a appelé Horus pour décider de la
gravité de ta faute»
Horus arrive et après un conciliabule qui me paraît interminable se tourne
vers moi et prononce  la sentence : «  Ton âme appartient maintenant à
Mert-Seger et elle souhaite t'emmener au royaume des ombres. Ta vie
terrestre est terminée  »
 
J'eu comme un étourdissement, puis sentant des mains me saisirent, je me
débattis, je frappais au hasard, donnant des coups de toutes parts.  Mon
cœur s'affolait, mes poumons me brûlaient, je sentais malgré tout mes
forces me quitter.
Petit à petit, je me résigne. Je me laisse emporter comme une poupée de
chiffons.
Alors que j'allais passer la porte séparant les vivants des morts, une voix
de femme résonnât avec force. Les mains qui me soutenaient me lâchèrent et
je me fracassais sur le sol.
Une dispute violente me parvint aux oreilles et en me contorsionnant je
parvins à regarder en arrière.
J'entendis distinctement Mert-Seger persifler avec force les mots suivants :
 
« Maât, tu es
Maât, je te respecte
Maât, je t'obéirai »
 
Une violente secousse réveilla toutes les douleurs de mon corps. Mes yeux
se fermèrent  sous la douleur.
 
En les rouvrant Maât se penchait vers moi et me dit :
« Réveilles toi, c'est fini
Son visage était le tien ».
Le bonheur fondit sur moi et des larmes roulèrent sur mes joues.
Le cauchemar était fini, le rêve commençait.

 

 

9/06/07

Pierre Paradis

 

Ps : visitez ce lien juste pour situer les personnages (note de Pierre Paradis)

 

http://angelsplace.club.fr/Egypte8.htm



26/07/2007
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